Le Marché Noir aux Galeries Lafayette: qui est Amah?

Crédit Photo: @icemecri

Il y a des personnes qui vous marquent dans votre vie, qui ont une prestance, une présence que vous n’oubliez pas. Savez-vous que le défilé du 2 Avril, (Africa Now) aux Galeries Lafayette a été organisé par lui ? Les Galeries Lafayette , proposent du 27 Mars au 25 Juin, une revisite de l’Afrique. Alors, j’ai voulu interviewer Amah Ayivi.

"Je ne me définis pas comme un "modeux", mais un passionné de style"

Bonjour Amah, qui es tu ?

Je suis Amah, togolais, arrivé en France à 12 ans. Je suis assez autodidacte, j’ai fait des études de marketing, j’ai été directeur de casting, j’ai eu un restaurant en banlieue, mais j’ai toujours été passionné par la fringue et le style. Ce n’est pas un hasard si je suis dans ce domaine aujourd’hui.

 

On sent une présence de style chez toi, quelle place cela occupe dans ta vie ?

Le style est un jeu, j’adore jouer avec les codes, les bousculer. Pour moi je ne dirai pas que je suis un « modeux » mais plutôt une personne inspirée par le bureau de style. A cet effet, je dirai que les pièces incontournables dans la garde-robe d’un parisien seront :

- Une veste bleue de travail,

- Un pantalon jeans ou en toile de coton,

- Un sac vintage en cuir bien patiné,

- Une écharpe Massai (il en portait une),

- Un T-shirt blanc,

- Des converses,

Un chapeau comme Stetson ou Art Comes First

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D’où t’es venue l’idée de Marché Noir et le concept aux Galeries Lafayette ?

 

Le Marché Noir est né d’une idée de friperie, qu’on avait testé au Comptoir des Cotonniers. Au début j’allais chiner au Togo, au marché à Lomé, ensuite au Bénin... Je chine mais j’ai toujours à l’esprit de bien payer les vendeurs pour qu’ils puissent bien gagner leur vie. En Afrique, il y a très peu de cartes bancaires, les transactions se font au noir. Du coup, j’allais au marché noir de par les transactions « au black », que moi je déclare, et un clin d’œil à notre couleur de peau noire.

Les Galeries Lafayette voulaient faire ce projet et sont venues naturellement vers moi afin de l’imaginer. J’ai ainsi travaillé avec mon réseau et 6 mois après, nous avons pu faire la parade avec mes inspirations : Vaudou, Massaï, les codes militaires de l’Afrique… J’y ai pris beaucoup de plaisir.

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Qui t’inspire le plus et pourrait représenter le Marché Noir aujourd’hui ?

Pipaul, le directeur de la boutique Hippy Market au Temple. C’est un grand frère. Je l’ai connu à l’époque des Bains Douches. Il m’a inspiré par ses bagues, par la façon dont il portait ses chapeaux, les pattes d’eph, c’est une vraie inspiration pour moi, et il représente le marché vintage en France et même au-delà de la France.

Sam et SHaka de Art Comes First. On s’est connus il y a 3 ans, et on s’inspire mutuellement.

Karl Lagerfeld m’inspire énormément, mais surtout pour le show qu’il montre dans ses défilés. Il se passe quelque chose, au dela du vêtement. Je ne suis pas « mode », je suis « style ». J’adore la marque Chloé.

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Qu’est-ce qui rend ton concept unique aujourd’hui ?

 

Je ne dirai pas unique, mais différent. C’est un crew, une famille, un vrai état d’esprit. Ma vision ne s’arrête pas à la simple boutique, mais une vision pour moi comme un créateur de tendances et d’influences. La manière dont on twiste les vêtements, dont on mixe les différentes cultures et les vêtements. Mixer des tissus du Ghana, avec des santiags du Mexique, et un jeans américain : c’est bousculer les codes, l’internationaliser.

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Ton rapport à l’art, quel est-il ?

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L’art, sans vouloir offenser les artistes, se retrouve partout. Là, tu verras la peinture Dogon. C’est mon héritage. Je vais puiser l’inspiration dans l’art africain. J’ai fait la Biennale de Dakar l’année dernière, c’était assez spectaculaire. J’ai adoré voir des portraits avec des clous. Un enfant qui fera un objet avec des canettes de soda pour moi est un art, c’est assez inspirant.

 

Mon blog aspire à aider les jeunes entrepreneurs à se lancer, quel conseil donnerais-tu à la jeunesse ?

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Faire une vraie étude de marché et voir ce qui est faisable ou non. IL ne faut pas produire sans un back-up. On peut avoir son e-shop, mais s’assurer d’avoir des distributeurs pour ne pas avoir des marchandises sur le dos, c’est quand même mieux. Après il y a le côté business certes, mais il faut de la passion, croire en ce que l’on fait, et le vivre à fond. Si tu veux perdurer dans un business, il faut être animé par cela et le faire. Mon exemple à moi : je fais chercher des articles en Afrique, avec les taxes, cela me reviendrait au même prix que si je chinais ici, ce n’est pas les coûts qui priment, mais l’histoire que je recherche en allant en Afrique. Je parle avec de la maturité. Il y a 10 ans, je n’aurais pas eu ce discours je pense, mais aujourd’hui je suis persuadé de cela.

 

Il y a énormément de travail, il faut se battre et ne rien lâcher. C’est la clé. Tout est possible quand tu montres que tu as envie de travailler.

 

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Ton plus grand challenge Amah ?

Réaliser ce projet avec les Galeries Lafayette. Habiller 80 mannequins, reproduire ce que j’ai pensé dans ma tête à la réalité c’est quelque chose d’assez challengeant. Ce n’était pas évident, mais nous y sommes arrivés et je suis très content du résultat que cela a donné.

Un autre challenge m’attend en Septembre avec les Art Comes First. Be connected.

 

Steves: A ton tour de me poser une question Amah?

Amah: Pourquoi tu as décidé de m’interviewer ? (Rires)

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Au début je pensais que tu étais d’origine béninoise comme moi, donc je voulais te rencontrer. Les premières discussions avec toi ont été inspirantes. Je monte ma marque, Blackhats Paris comme tu le sais et tu es ancré dans le milieu du style. Je ne voulais pas garder les précieux conseils que tu m’as donné pour moi, mais les partager. Tu as un parcours hors du commun, et ton histoire pousse à se dépasser.J’espère qu’elle inspirera les personnes désirant se lancer. Comme tu dis tout est possible. Mon but en lançant ma marque « Blackhats Paris » rejoint ce que tu dis. Je crée cette marque pour aider des associations au Bénin et ailleurs ensuite. C’est ce qui m’anime. Utiliser le savoir-faire français avec les tissus africains et aider à soigner des enfants souffrant d’une maladie qui ne m’est pas indifférente.

Le fait d’avoir l’événement aux Galeries Lafayette m’a encore plus motivé. Je collabore avec les Galeries Lafayette en tant que blogger, et je pense que tu mérites d’être médiatisé. Les GL ont parlé de toi, de ton concept, le Marché Noir, mais je voulais en savoir plus sur l’homme. Je me reconnais dans ton parcours, même si je suis plus jeune, mais je voulais t’interviewer parce que tu me nourris et un grand merci pour ton partage.  

 

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