Ibrik Café: ils ont osé!

Au 43, rue Laffitte, dans le 9ème, un coffee shop a ouvert. Le chapeau y a pu découvrir la cuisine de Ruba, avec une recommandation spéciale pour le bissap (oui je suis d’origine africaine, donc forcément...) et le cake à la pistache.

En haut, la décoration a été faite par Blackhats, avec du wax, dont ils sont les spécialistes.

Oui Ecaterina, je l’ai rencontré en Décembre 2016, lorsque je quittais le monde salarial aussi.. J’étais aux prémices du projet, elle, bien avancée; le temps nous a rapproché avec son mari et elle, plus qu’une amitié, c’est une fraternité. Alors, j’ai envie de partager avec vous ce concept extraordinaire, dont la soirée de lancement se tient le 28 Avril 2017 au 43, rue Laffitte. J’y serai mes blackhats. Et vous ? 

C'est le nouveau coffee shop tendance. Dans le genre slow food et l'orientation vers la nouvelle cuisine, Le Nouvel Obs en a même parlé. 

"Mon concept est un mélange entre l’Orient et l’Occident "

Bonjour Ecaterina, qui es tu ?

 

Je suis une jeune femme d’origine roumaine, je suis venue très tôt en France en tant que fille de réfugiés politiques. Je me souviens d’une anecdote : ma mère m’a envoyé acheter du pain à la boulangerie seule. Je ne parlais pas encore français et du haut de mes 6 ans, je devais demander au boulanger une baguette de pain. Ma mère m’a dit de dire « pain », ce que j’ai fait une fois arrivée au magasin. Sauf que le boulanger n’a pas compris ce que je lui ai dit. J’ai paniqué, j’ai laissé l’argent sur le comptoir et je suis partie en courant. J’ai eu très peur, un des pires souvenir de ma vie. Mon nom n’était pas évident à porter, et forcément d’origine roumaine, tu dois prouver davantage.

Crédit Photo: @lafilledu12eme_photography

D’où es née cette idée de tout lâcher et de créer ton restaurant?

 

Je me retrouve derrière un bar, qui s’appelle « Le Café Noir », rue Montmartre, et Charles, le proprio de l’époque m’a tout appris. A l’époque c’était un job d’étudiant, je faisais des études de droit, et cela me permettrait de me payer des extras. Cela m’a marqué et je me suis promis d’avoir ma propre affaire, mais je ne voulais pas de rapport avec l’alcool car c’est un milieu qui ne m’attire pas.

 

Ensuite, j’ai commencé à travailler à la direction générale de la CCI de Paris Ile-de-France. J’y ai rencontré plus de 1000 entrepreneurs qui m’ont communiqués leur envie de lancer mon business. Tu gagnes peut-être moins d’argent, mais tu communiqueras un message positif à tes enfants « Vis tes rêves ». Tu es née pour une raison, et bien vis là. J’ai découvert un artiste qui fait des graffitis à Paris, Jack le Black, le mec il dit « rêve ou crèves ». Moi je vis mes rêves et j’essaye de les concrétiser. Il y a eu une opportunité, un plan de licenciement, j’ai sauté sur l’opportunité pour quitter la CCI et lancer mon business.

Crédit Photo: @lafilledu12eme_photography

Comment es-tu devenue experte en fooding ?

 

J’ai été embauché pour monter 2 formations qui s’appellent :

-       Le permis d’exploitation

-       L’hygiène en restauration commerciale

Ces 2 formations sont obligatoires lorsque tu veux monter ton restaurant. J’étais très intéressée car j’étais passionnée par tout ce qui touche aux métiers de bouche. C’était un moyen pour moi d’apprendre, car j’animais en plus d’accompagner les entrepreneurs. Une passion est donc née. Lors de ces formations, j’y ai rencontré mon futur mari, qui est restaurateur et fondateur d’une société de conseil en création et développement de restaurants (CHR Consulting).

 

Alors, qu'est-ce que c'est Ibrik ?

 

C’est un mélange de 2 cultures : l’occident et l’orient.

La Roumanie est un pays latin mais aussi oriental, on a été colonisé pendant 500 ans par les turcs. J’ai appris à faire l’Ibrik avec ma grand-mère.  L’ibrik c’est la plus vieille façon de préparer le café. Chez nous, on dit que tu ne peux te marier qu’à partir du moment où tu sais faire un ibrik. J’adore le café de spécialité, et la façon de le préparer. L’Ibrik c’est tout sauf scientifique, cela se fait au feeling. Il te faut un calme, un zen et un temps, ce qui fait un café unique pour chaque client qui est unique. Je complète le coffee shop.

La deuxième culture vient de la Grèce, une culture dont je suis amoureuse. D’ailleurs j’ai des aïeux  grecs. J’y ai passé une année et mes amis viennent de là. J’y vais depuis 15 années et j’adore la nourriture grecque. D’ailleurs, ils appellent l’Ibrik le café « grec ».  

Pour inspirer les femmes à entreprendre comme toi, quelles sont les clés que tu donnerais?

 

Tu ne peux pas tout faire. Tu vas essayer, mais il faut s’entourer de belles personnes. Nous sommes dans une société  ultra spécialisée, chacun son métier.

Pour réussir, il faut avoir un rétro planning puissant.

-       Je cherche mon local

-       Je recherche le financement

-       Je constitue ma boite

-       Je m’entoure des meilleurs afin de réaliser des choses extraordinaires

-       Surtout très bien s’organiser : les gens n’arrivent pas à parler de leur projet. Il faut bien gérer son pitch et être clair sur sa story telling

-       Il faut être dans le partage : ne pas avoir peur des autres, ne pas avoir peur de parler de son projet

 

Pourquoi ce choix de s'implanter, Rue Laffitte?

 

C’est ma rue préférée, j’ai fait ma formation chez Coutume. Le local me tombe dessus. Un ami approche mon mari en disant le local je n’ai pu l’avoir mais il est top, il faut que ta femme l’ait. Cette rue est ma préférée, pourquoi ? Tu as Notre Dame de Lorette et le sacré cœur, une vraie vue parisienne. En allant visiter le local, je me rends compte que c’est la rue que j’aimais bien, cela a pris tout son sens. Je m'y sens comme chez moi.

 

Tes futurs projets?

 

Le but final de tout ce que je fais est de monter une structure pour permettre aux jeunes de monter leur propre projet, de leur ouvrir mon réseau et de les accompagner sérieusement. Je souhaite faire cela à titre tout à fait bénévole.

Je crois qu’il n’y a pas suffisamment d’encadrement des petits porteurs de projets qui, pourtant, ont de belles idées. D’ailleurs je propose à quiconque de venir me rencontrer chez Ibrik afin d’avoir quelques conseils.  

 

Steves: A ton tour de me poser une question Amah?

Ecaterina: Pourquoi cette passion pour le wax?

 

Ma mère vend du wax, depuis que je suis tout petit. J'ai grandi avec ce tissu, et ayant grandi à Paris avec mes parents qui vivaient au Bénin, je me souviens de ce tissu que ma mère m'a donné en me disant que cela me protégerait et comblerait son absence quand j'en ressentirai le besoin.

La question essentielle pour moi est de vivre ses rêves. Chaque tissu raconte une histoire, j'ai "vendu" et me suis approprié l'histoire des marques pour lesquelles je bossais pendant 10 années, il était temps de parler de mon histoire. Je te dis cela vu mon âge, j'ai pris en maturité, et il y a 10 ans, je n'aurais pas eu ce discours. L'Afrique regorge de secrets. En choisissant ce tissu pour ton coffee shop, il s'agissait d'un clin d'oeil à la boisson phare chez nous, le bissap. Ce tissu est appelé "Fleur d'hibiscus". Il s'agissait du best seller quand j'étais petit. Un clin d'oeil pour rappeler l'African Touch qui t'inspire aussi. CHAPEAU pour ton coffee shop!

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